| jeudi 20 mars 2008, a 07:45 |
| euthanasie |
Réévalutation de la loi Léonetti

Alors que le gouvernement excluait la semaine dernière toute réforme sur l'euthanasie, Matignon a décidé une réflexion
Le député UMP et médecin Jean Léonetti a été chargé mercredi par François Fillon, d'une mission d'évaluation de la loi de 2005 qui porte son nom, et dont il fut rapporteur.
La justice avait refusé lundi à Chantal Sebire, atteinte d'une tumeur incurable, une euthanasie active. La nouvelle de sa mort mercredi relance le débat sur la fin de vie.
Plusieurs personnalités, notamment le député PS Gaëtan Gorce et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, mais aussi la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, se sont dites mercredi plutôt favorables à une réforme.
Il s'agirait, comme en Belgique et aux Pays-Bas, de permettre aux médecins de provoquer directement la mort d'un patient, dans certains cas extrêmes, après autorisation de plusieurs commissions et dans le cas d'une demande du patient et de la famille.
François Fillon a chargé mercredi Jean Leonetti "d'évaluer la mise en oeuvre concrète de la loi et de faire des propositions, pour remédier à la méconnaissance ou la mauvaise application des textes et éventuellement à l'insuffisance de la législation".
"Cette mission s'effectuera avec le concours du ministère de la Santé et un débat pourrait s'ouvrir sur ce sujet à l'occasion du vote des lois de bioéthiques", a précisé le député des Alpes-Maritimes, par ailleurs cardiologue.
La loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, relative au droit des malades et à l'accompagnement en fin de vie, dont Jean Leonetti fut le rapporteur, tend à instaurer un droit au "laisser mourir", sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active. La loi avait été mise au point par une mission d'information de l'Assemblée et adoptée à l'unanimité par le Parlement en 2005.
Le groupe PS à l'Assemblée nationale a également annoncé mercredi la constitution d'un groupe de travail sur la fin de la vie, en vue de déposer "dans les mois à venir" un texte de loi améliorant la législation dans ce domaine. "Le drame vécu par Chantal Sébire rappelle combien notre législation est impuissante à répondre à ces demandes poignantes de malades incurables de terminer leur vie dans la dignité", a souligné le groupe socialiste dans un communiqué.
Pour le groupe socialiste, "la réalité vécue par ces malades incurables et les cas de conscience qu'ils provoquent pour le personnel soignant obligent le législateur à réfléchir sans tabou au droit pour un malade incurable de choisir sa mort". "C'est à leur souffrance que les députés PS veulent répondre en constituant un groupe de travail autour de Manuel Valls - avec Gaëtan Gorce, Marisol Touraine, Jean-Marie Le Guen, Alain Vidalies - dans le but de proposer et de déposer dans les mois à venir un texte de loi améliorant notre législation", a ajouté le groupe. |
|