Nicolas Sarkozy n'a pas inventé de recette miracle jeudi soir à la télévision afin d'augmenter le pouvoir d'achat
Pour le président français, "la seule façon de répondre" à la question du pouvoir d'achat des Français est de leur permettre de "travailler plus pour gagner plus", notamment en renonçant à leurs RTT.
Nicolas Sarkozy a reconnu que les ressources budgétaires ne lui permettaient pas de faire des "cadeaux de père Noël".
"Les Français, ils attendent pas que je distribue les cadeaux de Père Noël alors qu'ils savent parfaitement bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses".
Une conférence sociale sur l'agenda 2008 Principale annonce faite par le président de la République, une conférence sociale sur l'agenda 2008, qui se tiendra à la mi-décembre . Elle portera sur les sujets suivants :
- possibilité de sortir des 35 heures s'il y a accord entre la direction et les syndicats, à condition d'augmenter les salaires - possibilité de travailler au lieu de prendre ses RTT (Nicolas Sarkozy a proposé "la monétisation des RTT, c'est-à-dire que tous les salariés qui se mettent d'accord avec le chef d'entreprise puissent transformer les jours de RTT en argent","principe qui devrait concerner le public comme le privé"), - possibilité d'ouvrir les magasins le dimanche ("Je veux que les salariés qui veulent travailler le dimanche puissent le faire sur la base de l'accord, du volontariat, qu'ils soient payés le double et que l'on puisse élargir les possiblités de travailler pour créer la croissance") - sécurisation des parcours professionnels.
Déblocage des fonds de participation "Je pense qu'il faut débloquer les fonds de participation (...) dans les six mois qui viennent pour remettre du carburant dans la croissance française et du pouvoir d'achat. Un plafond sera à déterminer, peu importe, 10.000 euros je crois", a déclaré le président, soulignant que "ça représente 12 milliards d'euros".
M. Sarkozy a souhaité que dans les entreprises de moins de cinquante salariés, où il n'y a pas de participation, les éventuelles primes aux salariés "puissent être défiscalisées de cotisations sociales".
La participation, obligatoire dans les entreprises employant au moins 50 salariés, permet à ces derniers de percevoir une partie du bénéfice de l'entreprise. Elle reste bloquée 5 ans. En contrepartie, elle est exonérée des charges sociales et de l'impôt sur le revenu.
Logement Le chef de l'Etat a souhaité que l'indexation des loyers se fasse désormais sur l'indice des prix et non plus sur ceux de la construction. Il a également indiqué qu'il demanderait "au Premier ministre et au ministre du Logement" de "conduire des négociations" pour réduire à un mois de loyer le montant de la garantie demandée aux locataires, et mettre en place un système de "mutualisation publique qui permette de ne pas demander de caution" aux locataires.
Ces mesures pourront rentrer en vigueur "dès le début de l'année prochaine", a-t-il déclaré.
Financement des universités "Nous allons vendre 3% d'EDF pour faire un plan d'investissement de cinq milliards d'euros dans nos univeristés pour les doter des plus beaux campus, pour que les étudiants puissent travailler dans des locaux dignes de ce nom, pour avoir des logements dans les cités universitaires". L'Etat possède encore 87% du groupe énergétique, dont la capitalisation boursière était jeudi soir de plus de 156 milliards d'euros. 3% du capital équivaudrait donc à quelque 4,68 milliards d'euros.
Villiers-le-Bel Nicolas Sarkozy a estimé que les événements qui s'y sont déroulés ont été d'"une énorme gravité". "Nous retrouverons les tireurs" a-t-il affirmé, réitérant que ceux qui ont tiré sur la police "iront en cour d'assises". Il a promis par ailleurs "un plan pour ceux qui veulent s'en sortir" dans les banlieues.
Durcissement de la législation sur les récidivistes Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi soir qu'il demanderait au Parlement, dans le cadre de l'examen du projet de loi de Rachida Dati, d'"imposer une peine de sûreté après la peine de prison" aux "prédateurs" récidivistes. "J'ai demandé à (la garde des Sceaux) Rachida Dati, qui l'a fait avec beaucoup de courage, de faire voter une loi sur les récidivistes", a-t-il lancé. "Je demanderai au Parlement, sur le texte de Rachida Dati, d'imposer une peine de sûreté après la peine de prison à tous ces prédateurs qui tant qu'ils ne se feront pas soigner ne sortiront pas de prison", a-t-il poursuivi.
"Moi, les droits de l'Homme auxquels je pense c'est d'abord ceux de la victime", a-t-il martelé.
Mise en examen de Jacques Chirac Jacques Chirac "est présumé innocent comme n'importe quel justiciable", a déclaré Nicolas Sarkozy avant d'ajouter : "Pour le reste, je n'ai pas de commentaire à faire, si ce n'est que c'est toujours dommage que la justice vienne si tard
| Les syndicats déçus | La secrétaire nationale de la CFDT en charge du pouvoir d'achat, Laurence Laigo, a estimé, jeudi, que "les salariés qui ont attendu des annonces" de Nicolas Sarkozy allaient "être déçus" par les annonces du chef de l'Etat qui ne "vont concerner qu'une minorité de personnes". Selon elle, l'intervention de M. Sarkozy n'est qu'une "mise en scène de mesures déjà connues, notamment sur la caution des jeunes, la représentativité des syndicats ou la sécurisation des parcours professionnels, sur laquelle une négociation est déjà engagée".
Nicolas Sarkozy "n'a pas pris en compte" les "exigences des salariés en matière de pouvoir d'achat", a déclaré jeudi Maryse Dumas (CGT), estimant qu'ils devront "aller chercher leurs augmentations de salaires eux-mêmes par leur mobilisation".
Le Bureau confédéral de Force Ouvrière, rappelle pour sa part "que l'augmentation du pouvoir d'achat des salaires et des retraites est une priorité" et "dénonce qu'aucune mesure concrète et immédiate ne soit annoncée pour les salariés, qu'il s'agisse du Smic, de l'ouverture de vraies négociations dans la fonction publique ou de la mise en place effective du chèque transport".
Pour le Medef, "Le Président de la République fait preuve à la fois d'un réalisme économique et d'une considération à l'égard des partenaires sociaux prometteurs pour le rétablissement de la prospérité de notre pays en général et de chaque Français en particulier"
"Les entreprises françaises accueillent la proposition de remise en cause des 35 heures sous réserve d'un accord d'entreprise sur les salaires avec beaucoup d'intérêt et d'espoir", ajoute le Medef dans un communiqué. |  |
| Réactions politiques | Puur l'UMP, selon un communiqué signé de son secrétaire général, Patrick Devedjian le président de la République a démontré "sans ambigüité" qu'il est "le président de la lutte contre la vie chère, le président qui demandera des efforts de hausse de salaires aux entreprises en échange des efforts que fait l'Etat sur les charges sociales".
Jean-François Copé (Président du groupe UMP à l'Assemblée): "C'est exactement avec ces propositions que nous allons répondre aux préoccupations des Français en matière de pouvoir d'achat. La meilleure réponse pour augmenter le pouvoir d'achat, c'est bien la réhabilitation du travail.
Jean-Marc Ayrault (Président du groupe PS à l'Assemblée): "c'était pauvre, monsieur le président ! (...) Tout ce que vous avez annoncé ne concernera qu'une minorité de salariés ou sera payé on ne sait trop comment concernant le rachat des RTT. La majorité de la France qui peine continuera de peiner.
"Rien de concret et rien d'immédiat ne figure dans les propositions avancées (...) par le président de la République, que ce soit sur les prix ou sur les salaires", a déclaré le PS dans un communiqué signé de son secrétaire national à l'Economie et à la Fiscalité, Michel Sapin.
Le Parti socialiste fait remarquer que l'essentiel des mesures suggérées par le chef de l'Etat (monétisation des heures supplémentaires, dérogations aux accords d'entreprise) "sont déjà en place depuis plusieurs années et ont démontré leur inefficacité".
Pour Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, "Il (Nicolas Sarkozy) fait l'apologie du travailler plus longtemps, le dimanche, jusqu'à 65 ans, ce qui veut dire détruire les 35 heures, le contrat et le code du travail".
Les Verts (comuniqué) : "Les Verts dénoncent le discours scandaleux de M. Sarkozy . Ultra sécuritaire au début, recentré sur le président, chef d'armée à la fin, son discours fut un grand numéro de prestidigitateur, avec des méthodes qui rappellent celles de leaders dit charismatiques de bien mauvaise augure : je te montre ma force, je compatis. Je prétends la négociation sociale et je ne cède rien".
Georges Sarre (MRC) dns un communiqué : Nicolas Sarkozy est toujours le président de l'UMP en campagne électorale. Il a toujours le même art d'éluder les problèmes de fond, comme le malaise social et la dislocation de la citoyenneté dans les banlieues. Il a toujours le même art de vouloir faire prendre des vessies pour des lanternes en prétendant mener une politique favorable au monde du travail, alors qu'il persiste dans la pensée unique néo-libérale.
Jean-Marie Le Pen (FN) dns un communiqué : "Le président de la République est un formidable bateleur. Mais si l'on cherche à voir ce qu'il y a sous le déluge de mots et de promesses, on découvre que le roi est nu. Aussi génial que soit le bateleur, il reste dans l'illusion. Et les Français commencent à comprendre qu'on ne gouverne pas un pays par des tours de magie". |
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