Les pesticides sont présents dans l'air jusqu'au coeur de Paris et des villes qui l'entourent, selon Airparif
"Sur 80 pesticides recherchés, une trentaine ont été retrouvés en zone rurale et une vingtaine dans l'agglomération francilienne", révèle une étude publiée jeudi qui confirme le caractère voyageur des composants, bien après leur application.
C'est la première fois, qu'Airparif s'intéresse à la pollution due aux pesticides.
Les mesures se sont déroulées au printemps 2006 sur cinq sites différents et ont donné lieu à plus de 5.200 analyses, souligne Airparif, qui surveille la qualité de l'air en Ile-de-France.
3.200 tonnes de pesticides environ sont employées chaque année dans la région pour des usages agricoles (48% du territoire régional est dévolu à l'agriculture) ou domestiques et urbains (jardins, parcs, voirie, cimetières...).
Globalement, conclut Airparif, plus l'activité agricole est importante, plus le nombre de pesticides retrouvés dans l'air est élevé et les concentrations mesurées sont plus faibles en agglomération qu'en zone très agricole, comme la Beauce.
Cependant, certaines molécules utilisées spécifiquement dans les jardins vont se retrouver en concentrations plus importantes en agglomération.
Par ailleurs, les composants retrouvés le plus fréquemment dans l'air ambiant -la trifluraline, le chlorothalonil et la pendiméthaline- ne sont pas nécessairement ceux retrouvés dans l'eau.
Ainsi, certains produits comme le lindane (désormais interdit)persistent dans l'atmosphère alors que l'atrazine (interdite depuis 2003) persiste dans les eaux de surface, mais pas dans l'air.
Enfin, selon les modes d'application, 25 à 75% des produits appliqués se retrouveraient dans l'atmosphère, soit au moment du traitement soit après, en se volatilisant |