Gordon Brown a officiellement pris les rênes du Parti travailliste lors d'une conférence du Labour dimanche
Il s'agit, pour le ministre britannique des Finances, de la dernière étape obligée avant de remplacer Tony Blair comme Premier ministre, le 27 juin.
La confirmation de son élection à la tête du Labour, à l'issue d'un scrutin interne où il était seul candidat, a été annoncée lors d'une conférence à Manchester.
Gordon Brown a insisté dans son premier discours sur sa volonté de redonner une "âme" au parti travailliste. Promettant de tirer les leçons des erreurs en Irak, il a insisté sur la nécessité d'une "réponse multilatérale forte" avec l'Europe et les Etats-Unis, face aux défis sécuritaires.
"C'est avec humilité et fierté, et avec un grand sens du devoir que j'accepte le privilège et la grande responsabilité de diriger notre parti et changer notre pays", a déclaré Gordon Brown , 56 ans, après que Tony Blair, qui dirigeait le parti depuis 1994, l'eut officiellement présenté comme le "nouveau leader du parti travailliste".
"Cette semaine, je formerai un nouveau gouvernement avec de nouvelles priorités pour répondre aux défis de 2007 et au-delà", a ajouté M. Brown sous les applaudissements.
Ses priorités sont: l'éducation, le logement (au coût très élévé au Royaume-Uni) et la santé.
Selon le système britannique, des élections législatives ne sont pas nécessaires si le parti au pouvoir change de leader à mi-mandat. En prenant la tête du parti, Gordon Brown devient automatiquement Premier ministre.
Tony Blair a dirigé le Parti travailliste depuis 1994, d'abord dans l'opposition, puis au pouvoir après les législatives de 1994. Il a aussi remporté les élections de 2001 et 2005.
Le Labour dont Gordon Brown prend la tête a vu le nombre de ses membres diminuer et sa popularité s'effriter, alors que des soupçons de corruption sur le financement du parti ont terni la dernière année de Tony Blair au pouvoir.
Gordon Brown, portrait Gordon Brown, 56 ans, est le fils d'un pasteur d'une paroisse pauvre près d'Edimbourg, où il a vu ce qu'était l'injustice sociale.
Elu député en 1983 comme Tony Blair, il partage son bureau-placard à Westminster. Les deux sont surnommés "les jumeaux" ou "les frères de sang", même si plus tard leurs rapports pourront être conflictuels.
Gordon Brown est un des pères du New Labour, le travaillisme réaliste des années 90. En 1994, il laisse Tony Blair prendre la tête du parti, celui-ci lui promet le ministère des Finances et l'assure qu'il lui laisser un jour le poste de Premier ministre.
Son frère dit de ce bourreau de travail bouillant et quelque peu brouillon qu'il est "ennuyeux mais très intelligent". Ses détracteurs critiquent son manque de charisme, sa tendance à décider seul et à vouloir tout contrôler.
Aux Finances, il a octroyé à la Banque d'Angleterre son indépendance et refusé l'euro. La dette est aujourd'hui contenue à 40%, bien au dessous de la plupart des voisins européens, le chômage à 5,5% contre 7,1% en zone euro et 8,2% en France. La City rivalise de richesse avec Wall Street.
Gordon Brown devra apprendre à plaire, car, pour son premier scrutin national probablement en 2009, à 58 ans, il aura face à lui le jeune leader conservateur David Cameron qui n'est pas sans rappeler le Tony Blair de 1994.
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