La fronde des magistrats et des avocats s'étend pour dénoncer la réforme Dati de la carte judiciaire
A Metz, des avocats ont bloqué ce matin l'entrée du palais de justice. Selon eux, "la Garde des Sceaux annoncera le 25 juin sans consultation ni dialogue" une réforme prévoyant "la disparition de la Cour d'appel de Metz et des tribunaux de grande instance de Thionville et Sarreguemines".
Même inquiétude à Béziers où une manif a eu lieu mardi.
A Metz, jeudi matin, une soixantaine d'avocats en robe ont pris position devant les trois entrées de la cité judiciaire, devant lesquelles ils ont dressé des barrières métalliques trouvées sur des chantiers proches, empêchant les personnels de se rendre à leur travail.
Les manifestants prévoient de bloquer en début d'après-midi le TGV-Est devant partir à 13h53 de la gare de Metz. Ils entendent perturber en soirée la retransmission, en direct depuis Metz, de l'émission Intervilles. Des actions sont prévues à Metz "tous les jours" jusqu'au 25 juin, a indiqué un avocat sous couvert de l'anonymat. "La Moselle, siège de la présidence de la Région (Lorraine), ne doit pas devenir une sous-préfecture ou une annexe de Nancy", a-t-il ajouté. La Lorraine compte deux cours d'appel à Metz et Nancy et la Moselle trois TGI à Metz, Thionville et Sarreguemines.
A Béziers, dès mardi, 300 avocats, magistrats, notaires, huissiers et élus ont manifesté mardi dans la cour du tribunal de grande instance pour exprimer leurs craintes sur la réforme annoncée de la carte judiciaire. Ils redoutent le transfert de certaines spécialisations de Béziers à Montpellier.
La "carte judiciaire", dont Nicolas Sarkozy a annoncé début juin la réforme, figure parmi les "chantiers concrets" officiellement lancés mercredi par François Fillon, selon le communiqué du Conseil des ministres.
Cette réforme imminente suscite des remous parmi les magistrats et les avocats, qui craignent des suppressions de cours d'appel et se sont mobilisés mardi dans plusieurs juridictions comme à Metz et Béziers (Hérault).
"La réforme est lancée, elle sera progressive", avait déclaré la ministre de la Justice Rachida Dati le 13 juin. Le 27 juin, la ministre doit présider une réunion d'"installation du comité consultatif de la carte judiciaire", pour "préciser les principes qui vont guider les orientations de la réforme" et le calendrier, selon la Chancellerie. |