un magistrat a été gravement blessé lors d'une audience mardi à coups de couteau par la mère d'un mineur placé en foyer
Jacques Noris, âgé d'une soixantaine d'années, vice-président du TGI de Metz, a reçu trois coups de couteau au ventre et a été évacué par le Samu et hospitalisé. Il venait de prolonger le placement en foyer d'un mineur.
Nicolas Sarkozy a demandé à la garde de Sceaux Rachida Dati des mesures pour améliorer "la sécurité des juridictions".
Le président de la Répubique a également exprimé son "profond soutien" au magistrat agressé à Metz, estimant qu'il s'agissait d'un "acte inqualifiable". Aucun organe vital n'a été atteint, selon la préfecture. Toutefois, selon Guerric Hénon, conseiller à la cour d'appel de Metz et délégué régional de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), "M. Noris a perdu connaissance" et serait "entre la vie et la mort". "Le diagnostic des médecins est réservé", a ajouté M. Hénon.
Ancien juge d'instruction et magistrat confirmé, M. Noris venait de prolonger le placement de l'enfant de cette jeune mère chez ses grands-parents paternels en raison, semble-t-il, de "carences éducatives" constatées chez les parents, a précisé une source judiciaire sous le couvert de l'anonymat.
Un état des lieux sur la sécurité
La ministre de la Justice, Rachida Dati, a fait part de son émotion et s'set rendue sur place dans l'après-midi. Le garde des Sceaux devrait faire prochainement des propositions pour améliorer les conditions de sécurité dans les tribunaux. Rachida Dati annonce avoir demandé un état des lieux sur la sécurité du TGI de Metz et sur l'ensemble des juridictions.
Le Premier ministre, François Fillon, a fait part dans un communiqué "de sa volonté de tout faire pour améliorer les conditions de sécurité dans les tribunaux, afin d'éviter qu'un tel drame ne se renouvelle".
Le Syndicat de la magistrature (gauche) a annoncé une manifestation au palais de justice de Metz dans l'après-midi.
L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) a exprimé sa "consternation" et sa "révolte" et réclamé des mesures immédiates, faute de quoi il menace d'appeler les magistrats à cesser le travail.
Une suite d'affaires similaires Les syndicats soulignent qu'il ne s'agit que de la suite d'une série d'affaires similaires. Ils mentionnent l'agression subie le 31 mai 2007 par une juge des enfants du tribunal de Montargis (Loiret), molestée et insultée dans son bureau, ou encore l'agression d'une greffière du tribunal de Rouen, brûlée vive dans son bureau en septembre 2005.
Pour les syndicats de magistrats, cette situation est révélatrice de la misère de la justice française, qui avec un budget de 6,271 milliards d'euros pour 2007 (2,34% du budget de l'Etat), est à un des plus bas niveaux de l'Europe des 27 |