Martin Hirsch souhaite créer le "revenu de solidarité active" (RSA) fin 2008 Le "père" de ce dispositif, Martin Hirsch, ancien président d'Emmaüs-France, a confirmé mardi privilégier cette date , correspondant au vingtième anniversaire du RMI, le 1er décembre 1988, auquel le RSA devrait se substituer.
Actuellement deux départements, l'Eure et la Côte d'or, ont été autorisés à lancer le RSA dans un cadre limité.
A l'heure actuelle, outre les deux départements cités, quinze autres se sont montré intéressés par ce dispositif. Ils devaient boucler leur dossier d'ici au 15 juin. Il n'est possible aujourd'hui de proposer ce dispostif d'aide qu'aux RMistes reprenant un emploi, en jouant sur le montant et la périodicité des primes de retour à l'emploi et primes forfaitaires attribuées aux personnes qui retournent à l'emploi.
Au-delà de l'instauration d'un dispositif proche du RSA, d'autres initiatives sont prises par les départements, comme la création de plate-formes, sur deux sites de Normandie par exemple, où le Rmiste se voit proposer l'ensemble des démarches administratives et de retour à l'emploi. Aujourd'hui, 20% des Rmistes n'ont pas la CMU (couverture maladie universelle) faute de savoir qu'ils peuvent en être bénéficiaires.
D'autres initiatives sont en cours. Le Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté devrait déposer un projet de loi autorisant les départements à "faire plus et mieux".
Il devrait s'agir d'étendre le bénéfice du RSA aux autres bénéficiaires de minima sociaux (Allocation spéciale de solidarité, de parent isolé, d'aide au handicapé) ainsi qu'aux "travailleurs pauvres", cette catégorie mal définie de personnes dont le travail ne permet pas de sortir de la pauvreté.
Le coût du dispositif Selon Benoît Genuini, président de l'Agence nouvelle des solidarités actives, chargée d'accompagner les expérimentations, certains départements restent "timides" en raison de l'aspect financier du projet.
Le coût du RSA est estimé, dit-il, à environ 2.000 euros par personne et par an, soit environ un million d'euros par département, à raison de 500 personnes environ en moyenne par département.
"Si cela fonctionne, il s'agit à terme d'une économie, car le RSA coûte moins cher que le RMI", explique Benoît Genuini, "le coût pour la collectivité sera deux fois moins élevé pour quelqu'un qui reprend un travail à mi-temps et à qui on verse le RSA, que pour un Rmiste".
Quant au coût d'un dispositif global, concernant également les travailleurs pauvres (dont le nombre est estimé de 851.000 à 2.210.000 selon les critères), il pourrait s'élever à 8 milliards d'euros, selon Christophe Fourel, directeur délégué de l'Agence. Travailleurs pauvres: le point
Le nombre de pauvres en France fluctue entre 850.000 et 2,2 millions, selon les critères retenus pour définir une catégorie difficile à cerner et longtemps oubliée, soulignent plusieurs experts.
Le concept de "travailleur pauvre" est venu des Etats-Unis et s'est développé tardivement en France.
Sa définition est complexe, car elle mêle deux notions différentes, notait Sophie Ponthieux, économiste à l'INSEE, lors d'une table-ronde de l'Ajis (Association des journalistes d'information sociale): le travail et donc l'individu, et la pauvreté qui est fonction de l'ensemble des revenus du ménage.
Est pauvre une personne qui vit dans un ménage dont le revenu est inférieur à un seuil de pauvreté défini par rapport au revenu médian de la population.
La France compte entre 1 et 2 millions de pauvres selon que le seuil de pauvreté retenu qui est de 50% du revenu médian (657 euros/mois pour une personne seule) ou de 60% (788 euros/mois). Le seuil de 60%, choisi par Eurostat, est de plus en plus couramment utilisé.
Définir le "travailleur" est également difficile et il n'y a pas de critère internationalement retenu.
Aux Etats-Unis, il faut être présent sur le marché du travail (en emploi ou au chômage) au moins la moitié de l'année et vivre dans une famille pauvre pour être un "travailleur pauvre".
En France, selon l'INSEE, un "travailleur pauvre" doit être depuis au moins la moitié de l'année sur le marché du travail et avoir travaillé au moins un mois. Cela exclut les chômeurs de longue durée.
Enfin, Eurostat a la définition la plus stricte puisqu'il faut avoir travaillé au moins 7 mois sur 12.
Le nombre de travailleurs pauvres en France varie donc de 850.000 (définition Eurostat du travailleur et seuil à 50%) à 2.210.000 (définition américaine et seuil à 60%).
Les comparaisons internationales sont à prendre avec prudence car un pays peut compter un faible nombre de travailleurs pauvres, mais un chômage élevé.
Un tiers des actifs pauvres travaillent à temps plein, et un quart à temps partiel subi sur l'ensemble de l'année (caissières, personnel d'entretien...) selon un rapport de l'OCDE de 2005.
Un autre groupe concerne ceux qui alternent périodes de travail et chômage. Enfin, les jeunes, certaines personnes âgées (les femmes ayant une faible pension de reversion) et les familles monoparentales sont particulièrement concernés. |