Des rencontres préparatoires au Grenelle de l'environnement avec les ONG et le ministre de l'Ecologie ont eu lieu lundi
Les représentants de 9 organisations de défense de l'environnement, dont Nicolas Hulot, se sont dits "rassurés" sur la poursuite des discussions en vue du "Grenelle de l'environnement" à l'automne, à l'issue de la rencontre.
La réunion s'est déroulée à l'Elysée sous la houlette du président et du ministre de l'Ecologie MM.Sarkozy et Juppé.
"Le Grenelle de l'environnement sera un contrat de cinq ans entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations", a déclaré le président Sarkozy.
Le président de WWF, Daniel Richard, ses homologues de Greenpeace France et des Amis de la Terre, Yannick Jadot et Claude Bascompte, ainsi que celui de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Alain Bougrin-Dubourg ont participé à la première réunion lundi matin.
Etaient également invités: le Réseau Action climat (RAC), la Ligue ROC réprésentée par la vice-présidente Nelly Boutinot, les présidents de la fédération France Nature Environnement (FNE), Sébastien Genest et d'Ecologie sans frontières, Franck Laval.
A l'issue de la réunion, les ONG ont salué dans un bel ensemble l'initiative malgré des désaccords persistants sur le nucléaire et sur les OGM.
Nicolas Hulot, qui représentait la Fondation Nicolas Hulot, a évoqué à sa sortie, des discussions "historiques", "cordiales", "sans tabou": les militants environnementalistes ont salué l'initiative qui les amenés "dans l'enceinte du conseil des ministres sous un gouvernement de droite à parler de biodiviserité", selon ses termes. "Nous avons dépassionné le débat" s'est encore réjoui l'animateur de télévision.
Il s'agit, selon Alain Juppé, d'établir avec ces organisations la liste des "grands sujets prioritaires" qui seront abordés cet automne. Selon le N°2 du gouvernement, ce "Grenelle de l'environnement" promis par le président Nicolas Sarkozy aura lieu "au maximum dans la deuxième quinzaine d'octobre".
L'un des sujets phares de la matinée a été le nucléaire. En effet, depuis sa nomination, Alain Juppé a réitéré à plusieurs reprises sa "conviction" selon laquelle la France ne saurait se passer du nucléaire dans les trois ou quatre prochaines décennies.
Trois axes ont été retenus lors de cette réunion - la protection de la biodiversité, le changement climatique et la santé/environnement - qui se déclineront en une dizaine de grands chantiers, selon Christophe Aubel de la Ligue ROC.
Cependant, pour Yannick Jadot de Greenpeace et Daniel Richard du WWF, les discussions "seront dures sur le nucléaire".
Huit "experts" reçus à l'Elysée Dans l'après-midi, le président Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont reçu huit sommités de la climatologie et de la biodiversité, des experts dont le philosophe Edgar Morin, Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique (CAE) placé auprès du Premier ministre, et Claude Henry.
Y étaient également conviés le généticien Pierre-Henri Gouyon, les experts en changements climatiques Jean Jouzel, chercheur au Commissariat à l'énergie atomique, et Jean-Marie Jancovici, le président du Comité scientifique du patrimoine naturel Yvon Le Maho (CNRS), et le président de l'Institut européen de l'Ecologie, Jean-Marie Pelt.
Ils ont salué l'écoute du président et du ministre chargé de l'Ecologie, à l'issue de la réunion à l'Elysée, qui a duré quelque 90 minutes.
Réactions des Verts et de la LCR
OGM et Nucléaire: la LCR dénonce la porte fermée La Ligue communiste révolutionnaire a estimé lundi qu'Alain Juppé avait fermé la porte à la négociation sur les OGM et le nucléaire avant même le "Grenelle de l'environnement".
"Sur deux dossiers fondamentaux, le nucléaire et les OGM, Alain Juppé avait déjà fermé la porte avant la moindre réunion avec les associations travaillant sur l'environnement", affirme l'organisation d'Olivier Besancenot.
"Drôle de +concertation+ que celle qui considère l'EPR comme une décision acquise, ainsi que la culture d'OGM", poursuit la LCR qui souligne que "plusieurs associations concernées par ces deux questions n'ont pas été invitées" à l'Elysée lundi.
Nucléaire: les Verts dénoncent "le mépris" de Juppé Pour les Verts, "Alain Juppé prétend écouter la société civile avant de mener sa politique environnementale, mais, dans le même temps et avant toute chose, explicite sa politique de développement de centrales nucléaires de troisième et de quatrième génération, assénant à tous et à toutes la soi-disant incapacité de la France à subsister sans énergie atomique".
Ils jugent "ce préalable dommageable" : "d'abord parce que la toxicité à court et à long terme de la production de cette énergie est avérée", "ensuite parce que le secret défense, voire le mensonge permanent qui accompagne le nucléaire sont une perpétuelle insulte à la démocratie".
Ils font valoir aussi que "le prix faramineux qu'un seul réacteur nucléaire représente (3 milliards d'euros pour le dernier) permettrait la création de 10 fois plus d'emplois durables et d'au moins autant d'énergie propre s'il était investi dans le développement d'énergie renouvelable". |