Le nouveau Président est attendu vendredi à midi à Toulouse, au siège d'Airbus, a confirmé l'Elysée jeudi Nicolas Sarkozy doit visiter l'entreprise, déjeuner avec les salariés et rencontrer les syndicats, a précisé la présidence, confirmant une information donnée par Force ouvrière (FO).
Mercredi, en visite à Berlin, il avait qualifié la crise à EADS d'"urgence" entre la France et l'Allemagne. Jeudi, le PDG d'Airbus Louis Gallois a été reçu à l'Elysée.
Airbus est une filiale à 100% du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS. Le capital d'EADS est réparti entre actionnaires publics et privés, français et allemands. Une part de 15% est détenue par l'Etat français.
Toutefois, jeudi à l'Elysée, Louis Gallois, président d'Airbus et co-président d'EADS, ne s'est pas entretenu avec Nicolas Sarkozy, selon le service de presse de la présidence qui n'a pas précisé par quel conseiller il avait été reçu durant environ une heure.
Concernant la visite attendue du nouveau chef de l'Etat à Toulouse, le responsable FO Jean-François Knepper a considéré jeudi auprès de l'AFP que c'était "plutôt une bonne chose", rappelant que Nicolas Sarkozy s'était déjà rendu au siège d'Airbus à deux repruises par le passé.
Pendant la campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait souhaité de "vrais actionnaires" pour le groupe EADS en plaidant pour "l'entrée de nouveaux actionnaires privés, des actionnaires financiers et un actionnaire industriel pour piloter la boîte".
Après les retards du programme de l'avion géant A380 d'Airbus, l'avionneur a annoncé un plan de restructuration, Power8, qui prévoit 10.000 suppressions d'emplois dont 4.300 en France et 3.700 en Allemagne. Les gouvernements français et allemand souhaitent cependant défendre leurs intérêts industriels dans une entreprise qui emploie 100.000 personnes.
Les besoins financiers d'EADS (6,3 milliards d'euros pour compenser les pertes liées au retard du programme A380 et 10 milliards pour mener à bien le programme du long courrier A350 XWB) obligent à une réforme de l'actionnariat qui passe par un accord entre Paris et Berlin. |