Juan Carlos Lecompte a survolé une bande située entre les localités de Planadas et Bota Caucana, le long de la cordillère des Andes au sud du pays, zone de forte influence pour la guérilla marxiste.
On y découvre les visages de Melanie et Lorenzo Delloye, les enfants de l'otage franco-colombienne aux mains des FARC depuis plus de cinq ans.
Le vol, qui a duré quatre heures, a été offert par le chanteur français Renaud, mobilisé de longue date en faveur de la libération de l'ex-candidate écologiste à la présidentielle colombienne, enlevée le 23 février 2002.
"Comme c'est le jour de la fête des mères (célébré dimanche en Colombie), l'idée était de lui faire parvenir ce cadeau afin qu'elle puisse voir comment ont grandi les enfants", a-t-il déclaré.
M. Lecompte avait effectué des vols similaires les deux années précédentes. "C'est comme un rendez-vous annuel que j'ai avec elle. Tout ce que je souhaite, c'est que la guérilla ait la gentillesse et le geste humanitaire de remettre à Ingrid ce cadeau", a-t-il ajouté.
Ingrid Betancourt , 45 ans, fait parti d'un groupe de 57 otages dont les FARC, première guérilla du pays avec 17.000 combattants, proposent la libération en échange de celle de 500 rebelles détenus par le gouvernement colombien.
Botota propose de faire un geste
Le gouvernement colombien de Alvaro Uribe a créé la surprise vendredi soir, en annonçant un "geste de bonne volonté" envers les FARC, soit "une libération massive" des rebelles actuellement en prison.
Après les déclarations de M. Uribe, le commissaire du gouvernement pour la paix Luis Carlos Restrepo a confirmé avoir été chargé de trouver une "procédure juridique adaptée pour relâcher les personnes emprisonnées", évoquant une libération "par phase et sous le contrôle de l'Eglise catholique".
Les proches de Ingrid Betancourt ne cachaient pas leurs doutes devant cette initiative. "Je veux l'entendre avec espoir, mais je souhaite savoir si vraiment le président veut obtenir un accord humanitaire (pour un échange)", a déclaré sa mère, Yolanda Pulecio.
Quant au mari de Mme Betancourt, Juan Carlos Lecompte, il n'a pas hésité à accuser le gouvernement de Bogota de mettre en oeuvre un "plan diabolique". "Les FARC ne lâcheront pas les otages parce qu'il va libérer quelques personnes qui ne sont mêmes pas des guérilleros", a-t-il affirmé.
Selon lui, le président colombien a juste inventé ce "plan diabolique pour montrer aux gringos (les Américains, ndlr), aux Colombiens et à la France qu'il fait des choses pour les otages".