Le gouvernement a décidé d'interdire aux mineurs tous les jeux de la Française des jeux (FDJ)
Cette interdiction, à partir du 1er juillet, porte sur la trentaine de jeux de la FDJ (Euro millions, loto, rapido, morpion, loto sportif...).
Les mineurs étaient autorisés jusque là à acheter les jeux de la Française des jeux. Depuis le 1er novembre 2006, ils sont exclus des casinos et du PMU.
Cette mesure a été "accueillie favorablement" par la FDJ qui ajoute, dans un communiqué, qu'elle va poursuivre avec son réseau de distribution les "travaux nécessaires à la mise en oeuvre de cette interdiction" par l'information des détaillants et des mentions de cette interdiction dans les points de vente.
Cette décision avait été annoncée fin janvier par le ministre délégué au budget Jean-François Coppé pour lutter contre la dépendance aux jeux.
Depuis deux ans, la France est pressée par la Commission européenne de justifier son monopole sur les jeux d'argent et de hasard (JAH) placés sous les tutelles étroites des ministères du Budget (FDJ), de l'Intérieur (casinos) et de l'Agriculture (PMU).
A l'appui de ses refus réitérés d'ouvrir le juteux marché français des JAH (20,3 milliards d'euros en 2006) aux opérateurs privés étrangers, la France a toujours avancé la nécessité d'un contrôle étatique pour moraliser et sécuriser ce secteur.
En 2006, les Français ont laissé chaque jour 55,6 millions d'euros dans les caisses de la Française des Jeux (FDJ), du PMU et des casinos. Les trois grands opérateurs ont enregistré une recette totale de 20,3 milliards d'euros: 9,5 milliards pour la FDJ et ses 40.000 points de vente; 8,1 milliards pour le PMU, ses 225 hippodromes et ses 8.881 points de vente; 2,7 milliards de produit brut des jeux (différence entre mises et gains) dans les 193 casinos (19.000 machines à sous).
L'"Etat croupier", comme l'a surnommé le sénateur UMP François Trucy, auteur de deux rapports d'information sur les jeux, a été de toute façon le premier gagnant puisque 6 milliards d'euros ont alimenté les caisses de Bercy en 2006 en prélèvements divers, taxes et autres impôts provenant des jeux d'argent et de hasard. |