Ségolène Royal fait cette déclaration dans un entretien au "Monde" publié lundi : "Dominique...est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix".
A la question "pourriez-vous prendre François Bayrou comme Premier ministre",elle répond:"Je l'ai déjà dit: par définition, je ne m'interdis rien."
Jusqu'où avec Bayrou ?
Interrogé sur le "bout de chemin" qu'elle pourrait faire avec François Bayrou ("ce chemin va jusqu'où ? Jusqu'au second tour, au-delà des législatives?", demandent les journalistes du "Monde"), elle répond : "il faut respecter les étapes. Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi".
Interrogée sur les valeurs communes au PS et à l'UDF, la candidate socialiste à l'élection présidentielle déclare: "je ne parle pas de recomposition politique ou d'appareils politiques. Je ne me pose pas, pour l'instant, la question des coalitions". Selon elle, "si nous sommes dans des affrontements permanents 50-50, la France ne peut pas s'en sortir, se remettre en mouvement".
"Sur certains thèmes fondamentaux, je réussirai à sortir de cet affrontement bloc contre bloc, quel que soit le choix définitif de l'UDF en tant que parti", promet-elle. Elle met en avant "une vision commune" avec François Bayrou "sur la réforme des institutions, l'Etat impartial". "Je suis la seule à avoir une vision de la réforme institutionnelle complète", estime Mme Royal, jugeant que "ce n'est pas le cas de la droite".
Priée de dire si, à ses yeux, le Parti socialiste est prêt à de tels accords, Ségolène Royal répond : "C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique."
Sarkozy, l'homme du passé et du passif
"La bataille principale, elle est pour la France neuve et donc contre la droite dure, avec le bilan désastreux que le candidat sortant refuse d'assumer. C'est l'homme du passé et du passif", déclare aussi la candidate à la présidentielle.
Ségolène Royal associe par cette formule deux phrases-choc prononcées lors des débats d'entre-deux tours ayant opposé en 1974 et 1981 Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. (En 1974, Valéry Giscard d'Estaing, qui allait emporter l'élection présidentielle, avait lancé à François Mitterrand : "Vous êtes un homme lié au passé par toutes vos fibres". Sept ans plus tard, lors de leur second débat d'entre-deux tours, le candidat socialiste, qui allait prendre sa revanche sur le président sortant, déclarait : "Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d'il y a sept ans : L'homme du passé ... C'est quand même ennuyeux que dans l'intervalle vous soyez devenu, vous, l'homme du passif!".)
(Voir l'interview complète sur le site du "Monde").