Le candidat de l'UDF, qui a obtenu 18,57% des voix au premier tour, l'a affirmé vendredi sur RTL. L'équipe de la candidate socialiste a aussi dénoncé des "pressions".
Canal +, qui a renoncé à organiser un débat entre François Bayrou et Ségolène Royal, invoquant un problème de temps de parole, a "formellement" démenti avoir subi des pressions.
Des pressions dénoncées
François Bayrou a déclaré qu'il n'avait "pas la preuve" mais "la certitude" qu'il y avait eu des pressions, et dénoncé "la propension" du candidat de l'UMP à "verrouiller" l'information.
"Par toute une série de réseaux, qui rapprochent de très grandes puissances financières et médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, les interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée", a-t-il dit.
Le numéro 1 du PS François Hollande a vu derrière l'annulation par Canal+ "la pression de Nicolas Sarkozy". "L'Etat Sarkozy se croit déjà tout permis", a tonné Jack Lang. "L'Etat médiatique Sarkozy est en marche", a renchéri Arnaud Montebourg.
Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement, a dénoncé les "allégations ignobles et indiques" de François Bayrou.
Canal + dément toute pression
Rodolphe Belmer, directeur général délégué de Canal+, a "récusé formellement" vendredi sur RTL toute pression sur sa chaîne. "Canal+ est une chaîne totalement indépendante. On le prouve tous les jours. C'est quelque chose qu'on ne peut pas accepter", a-t-il déclaré.
La chaîne a renoncé à organiser le débat qu'elle avait envisagé en raison du problème de l'équilibre du temps de parole entre les deux candidats du second tour, imposée par le CSA.
Des invitations avaient été lancées à l'UMP, "qui sont restées pour l'instant sans suite", pour compenser le temps que le débat aurait occupé sur l'antenne de Canal+.
Le débat était prévu samedi à 11h00 sur i-télé, Canal+ et France Inter.
"Le débat aura lieu"
L'équipe de campagne de Ségolène Royal ne renonce pas à l'idée d'organiser un débat télévisé, a déclaré Jack Lang, son conseiller spécial, sur France 2 vendredi matin. "Nous trouverons une autre chaîne. Nous ne renonçons pas", a-t-il proclamé.
"D'une manière ou d'une autre, il aura lieu", a assuré de son côté Julien Dray, l'un des porte-parole de Ségolène Royal.
François Bayrou a également assuré que le débat aurait bien lieu.
Par ailleurs, le quotidien Libération a proposé d'organiser le débat sur son site internet.
Mme Royal avait proposé mercredi de débattre avec M. Bayrou dans le cadre d'un forum de la presse quotidienne régionale vendredi, ce que le Syndicat de la PQR a refusé.
La candidate socialiste souhaitait "un débat public" pour "éclairer" les électeurs, suggérant qu'il ait lieu lors de ce forum, ce qu'avait accepté François Bayrou à condition qu'il soit télévisé.
Jacques Camus, l'un des responsables du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), a démenti avoir subi des pressions de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy, comme l'avait laissé entendre Ségolène Royal. "Si quelqu'un a voulu faire pression, c'est plutôt Ségolène Royal", a-t-il déclaré.
Quant au candidat de l'UMP, qui refuse un débat mais se dit prêt à rencontrer les parlementaires UDF et François Bayrou "pour l'écouter, dialoguer avec lui", il s'est gaussé d'"une tragédie un petit peu ridicule". "On n'a jamais vu une finale de la Coupe du monde où c'est ceux qui arrivent troisième ou quatrième qui exigent de jouer la finale. Ça s'appelle contester le choix du peuple", a-t-il déclaré.
Réaction de Ségolène Royal
Ségolène Royal a laissé entendre jeudi qu'il y avait eu "quelques pressions" sur le Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) pour que son débat avec François Bayrou ne se tienne pas.
"Ce n'est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a-t-elle ironisé à l'occasion d'une visite dans le XIe arrondissement de Paris, où elle visitait un immeuble de la rue de Montreuil dont les locataires s'étaient mobilisés contre la vente à la découpe.
Selon elle, le refus de la PQR "n'est pas grave". "On trouvera d'autres solutions. Ce n'est pas un problème. En France, la presse est libre, sauf lorsqu'elle subit quelques pressions, ce qui est tout à fait dommageable".