Nicolas Sarkozy se refuse à tout commentaire
"Je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus", a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, en campagne en Martinique.
Il a insisté sur le fait que la décision de mettre en garde à vue Valérie Boukobza n'avait "rien à voir" avec la famille chinoise en situation irrégulière. "Il n'y a vraiment pas de quoi faire une polémique", a ajouté le président et candidat de l'UMP.
Après la vague de protestations provoquée par cette interpellation, le ministère de l'intérieur a "rappelé" aux préfets qu'il ne doit pas y avoir d'interpellations dans les écoles ou à leur proximité.
Le rappel des faits
Convoquée vers 9h vendredi pour témoigner au commissariat du XIXe arrondissement de la capitale, Valérie Boukobza, directrice de la maternelle Rampal dans le même arrondissement, avait été placée en garde à vue pour "outrage et dégradation de biens public en réunion" avant d'être relâchée. Avec deux autres personnes, elle avait été appelée à témoigner sur les incidents.
Ceux-ci avaient opposé, mardi, des policiers à des parents d'élèves qui tentaient d'empêcher l'interpellation du grand-père chinois, en situation irrégulière, d'un enfant de 4 ans scolarisé dans la maternelle de la rue Rampal.
Selon Gérard Aschieri, le secrétaire général de la FSU, principale fédération de l'enseignement, la directrice aurait "essayé de protéger les enfants" et les policiers lui reprocheraient d'avoir "tapé sur une voiture de police". Pour la préfecture de police, "des personnes ont fait obstruction (...). Un policier a été blessé et aspergé d'un liquide irritant", ce qui lui a valu "10 jours d'incapacité de travail".
Le récit du "Parisien" de samedi
"Un grand-père chinois est arrêté dans un café appelé le Petit Rampal alors qu'il allait chercher ses deux petits-enfants dans l'école qui lui fait face. Tout de suite, les parents d'élèves et les riverains interviennent. (...) Alors que le grand-père est conduit dans la voiture de police, certains s'allongent sur le macadam devant le véhicule. La tension monte. Des coups sont échangés. Du gaz lacrymogène répandu. Le pugilat dure d'interminables minutes sous le regard des élèves. 'Ils avaient mal aux yeux et, surtout, ils avaient peur pour leurs parents, se souvient un chef d'établissement voisin présent sur les lieux. Ils les ont vus se faire frapper par la police. C'était très impressionnant'". |