La Journée internationale des femmes, jeudi, met l'accent en France sur les inégalités persistantes hommes-femmes
Emploi, salaires, tâches familiales, responsabilités éducatives ou violences conjugales: malgré les avancées enregistrées depuis 50 ans, plusieurs études récentes témoignent d'une stagnation de la marche vers l'égalité hommes-femmes dans l'hexagone.
En cause notamment, la persistance des stéréotypes sur les rôles de chacun dans la société.
Engagées de longue date dans ce domaine, les féministes du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) organisent aux côtés d'associations, mouvements pour les droits de l'Homme, syndicats et partis de gauche, un défilé à Paris jeudi à 18h, du métro Père-Lachaise à la Place de la Bastille.
La Journée des femmes prend une couleur particulière cette année en France, avec en toile de fond l'élection présidentielle où une femme, Ségolène Royal, est pour la première fois dans l'histoire en situation d'être élue à la magistrature suprême.
"Les revendications concernant les droits des femmes doivent trouver toute leur place dans la campagne, celle des droits fondamentaux sans lesquels aucune société ne peut être considérée comme juste et égalitaire", affirme le CNDF.
Si elles constituent 53% de l'électorat, les Françaises sont encore peu dans les assemblées représentatives. La France est ainsi au 21è rang des Etats membres de l'Union européenne pour la proportion de femmes parlementaires.
Les féministes vont aussi mettre en avant la lutte contre les violences exercées contre les femmes. La France en ce domaine est loin de donner l'exemple, avec une femme tuée tous les trois jours dans la sphère domestique.
De son côté, le mouvement de femmes de banlieue Ni Putes Ni Soumises (NPNS), met à l'honneur les mères des cités, avec un "appel des 343 mamans des cités" (référence au manifeste des "343 salopes" déclarant avoir subi un avortement en 1971). Les violences exercées contre les jeunes femmes dans certaines cités viennent d'être mises en lumière par une enquête réalisée en Seine-Saint-Denis en 2006.
Un peu partout en France, les associations ou municipalités s'appuient sur cette journée pour mettre en valeur les réussites de femmes ou dénoncer les discriminations, par des débats, théâtre-forum, expositions, notamment en milieu scolaire.
Côté syndical, la Confédération syndicale internationale (CSI), créée en novembre 2006, appelle les gouvernements, les employeurs et les organisations syndicales à donner une priorité d'action au respect des droits des femmes enceintes ou ayant de jeunes enfants, souvent discriminées. |