23% des femmes de 18 à 21 ans disent avoir subi dans leur vie des violences physiques et 14% des agressions sexuelles C'est ce qui ressort d'une enquête publiée lundi et réalisée en 2006 sur commande de l'Observatoire départemental des violences envers les femmes et le Conseil général, auprès de 1.600 filles en Seine-Saint-Denis.
Il s'agit de la première étude quantitative sur les comportements sexistes et les violences envers les filles réalisée en France.
Elle a été réalisée par Maryse Jaspard, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques (Ined) et auteur de l'enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff), menée en 2000 auprès des femmes de 20 à 59 ans.
Les taux de violences physiques (gifles, coups, menaces avec armes) et sexuelles obtenus sont "deux à cinq fois supérieurs que pour la classe d'âge 19-24 ans de l'enquête Enveff", constate cette fois Maryse Jaspard.
Au cours des douze derniers mois - catégorie distincte de l'enquête -, 30% des jeunes filles interrogées ont relaté avoir été victimes de violences physiques et 5% de violences sexuelles. Les auteurs de harcèlement ou d'agressions sexuelles sont des hommes adultes dans plus de deux tiers des cas. Les auteurs de violences physiques sont l'un des parents ou beaux-parents (37% des cas, dans lesquels ne sont pas comptées les "gifles éducatives") ou le petit ami (10%).
Les agressions physiques sont intervenues dans la famille (11%), dans le couple (12%), au travail (11%), dans l'espace public (11%) et au lycée (10%). Sur la même période, 60% des filles affirment avoir subi dans l'espace public (hors travail et écoles) une forme de harcèlement sexuel (suivies avec insistance, "pelotage", propositions sexuelles, exhibitionnisme).
L'enquête a été réalisée entre avril et décembre 2006 auprès d'un échantillon de 1.600 jeunes filles de 18 à 21 ans vivant, travaillant ou étudiant en Seine-Saint-Denis.
Les jeunes filles (8% de nationalité étrangère) ont été interrogées en tête-à-tête par des enquêtrices dans les universités (41%), la rue ou les centres commerciaux (31%), les lycées (19%), les missions locales, centres de formation ou foyers de jeunes travailleurs (8%).
Une enquête similaire sera réalisée en 2007 auprès des garçons, a annoncé lundi le vice-président du Conseil général Gilles Garnier. Les résultats complets attendus pour novembre analyseront notamment les origines sociales des jeunes filles (dont 8% de nationalité étrangère, 62% des pères nés hors de la France métropolitaine).
La présidente de l'Observatoire, Ernestine Ronai, réclame une enquête nationale "car il n'y a pas de raison de penser qu'il s'agisse d'une caractéristique spécifique de la Seine-Saint-Denis". |