Syndicats de médecins et assurance maladie se réunissent vendredi pour réfléchir à une hausse du tarif des généralistes
Ces tractations se déroulent sur fond de menaces des praticiens d'organiser une journée d'action s'ils n'obtiennent pas gain de cause.
Les médecins veulent fixer le prix de la consultation à 23 euros, contre 21 actuellement, alors que l'assurance maladie veut la limiter à 22 euros en 2007 avant une éventuelle hausse en 2008.
L'assurance maladie (Uncam) et ses trois syndicats médicaux partenaires - CSMF, SML et Alliance - ont déjà mené plusieurs séances de négociations sans parvenir à tomber d'accord sur le montant et le calendrier de la revalorisation.
Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a affiché à plusieurs reprises son "souhait" de voir le tarif de la consultation porté à 23 euros, de même que Nicolas Sarkozy, dont il est porte-parole pour la campagne présidentielle.
Mais les syndicats de salariés et les organisations patronales qui composent le conseil de l'assurance maladie n'ont pas mandaté le directeur de l'Uncam, Frédéric van Roekeghem, pour accorder cette revalorisation dés cette année, la situation financière de la sécurité sociale restant dégradée.
L'assurance maladie est favorable au développement de forfaits liés à la qualité des soins, à la prévention et au suivi des patients pour rémunérer les généralistes.
Cette décision a déclenché la colère des syndicats de médecins libéraux. Selon eux, puisque la médecine générale est reconnue cette année comme une spécialité médicale à part entière, la consultation des généralistes doit être alignée dès 2007 sur celle des spécialistes, à 23 euros.
"C'est la négociation de la dernière chance, les médecins ont respecté leurs engagements d'économies, en limitant par exemple les prescriptions d'arrêts de travail et en développant les médicaments génériques, c'est désormais à l'assurance maladie de respecter les siens", estime Michel Chassang, président du premier syndicat de médecins, la CSMF.
"Le principe d'une journée d'action nationale est d'ores et déjà arrêté en cas d'échec de la négociation", a-t-il prévenu. Les syndicats médicaux pourraient ainsi rééditer le bras de fer tarifaire qu'ils avaient mené en 2002, année d'élection présidentielle également, où ils avaient obtenu, au terme de huit mois de négociations très tendues, la revalorisation de leur consultation de 17,53 euros à 20 euros. Ils ont encore été augmentés d'un euro en 2006. |