La présidente du Medef, Laurence Parisot, a présenté jeudi un livre blanc de propositions baptisé "Besoin d'air" Devant quelque 6000 chefs d'entreprises, elle a présenté un "show pédagogique" digne d'un meeting électoral, déclarant que les patrons entendent "s'engager dans le débat".
"Rien n'est foutu. Il suffit de changer quelques paramètres: un peu plus de liberté, un peu plus d'air et tout ira mieux tout de suite en France", a lancé la présidente du Medef.
A trois mois du premier tour de la présidentielle, Laurence Parisot n'a pas donné de consigne de vote mais a dit souhaiter rencontrer les principaux candidats. Elle a déjà rencontré Nicolas Sarkozy (UMP) et François Bayrou (UDF) mais n'a pas reçu de réponse de Ségolène Royal (PS).
"Besoin d'air" Fruit d'une "méthode participative inédite" avec les contributions de près de 50.000 chefs d'entreprise, l'ouvrage établit le diagnostic d'une France "blessée et déchirée". Envolée des prélèvements obligatoires, explosion de la dette, faible durée du travail comparé aux autres pays, sont les maux à vaincre a résumé Laurence Parisot.
"Très étonnée de constater que le chômage n'est pas au coeur de la campagne électorale, alors que c'est le mal dont la France souffre le plus depuis 25 ans", elle a estimé que le pays pouvait revenir en 5-6 ans sous la barre des 5% de chômage.
"Il faudrait que les candidats nous disent quelle stratégie ils proposent pour avoir plus de croissance" et permettre aux entreprises d'"enfin embaucher et augmenter les salaires", a-t-elle suggéré.
Critiquant "l'illusion désastreuse des 35 heures", Laurence Parisot a souhaité que la durée du travail ne soit plus ligéférée, mais déduite d'un accord patronat-syndicats, sur la base du plafond européen des 48 heures hebdomadaires de travail.
Elle prône une "séparabilité à l'amiable" des employeurs et des salariés, suggérant un nouveau contrat de travail "à mi-chemin" entre contrat à durée indéterminée (CDI) et contrat à durée déterminée (CDD).
Le Medef veut également modifier la Constitution en y inscrivant "un espace d'autonomie et de responsabilité des partenaires sociaux", le principe de la liberté d'entreprendre ou du droit à un impôt "non confiscatoire".
Autre point : "un transfert progressif des entreprises vers la solidarité nationale du financement de la branche famille de la Sécurité sociale".
La patronne des patrons a terminé son discours sur un clin d'oeil à la référence à Jaurès de Nicolas Sarkozy, lors de son investiture à la candidature présidentielle. "Moi aussi, je vais citer Jaurès", a-t-elle lancé sous les applaudissements, en reprenant les mots du leader socialiste : "Il n'y a de classe dirigeante que courageuse". |