Le député UMP Christian Vanneste a été condamné en appel à 3.000 euros d'amende pour injures envers les homosexuels
L'élu devra également verser 2.000 euros de dommages et intérêts à trois associations gays et lesbiennes, parties civiles.
Le député a été condamné pour avoir affirmé notamment dans la presse que l'homosexualité était "inférieure" à l'hétérosexualité et serait "si on la pousse à l'universel, dangereuse pour l'humanité".
M. Vanneste a annoncé dans un communiqué qu'il avait "décidé de saisir la Cour de cassation". "Un parlementaire est investi d'une parcelle de la souveraineté nationale, sa liberté d'expression est une condition de la démocratie et de l'Etat de droit", a-t-il affirmé.
En janvier 2006, le tribunal correctionnel de Lille avait condamné M. Vanneste à 3.000 euros d'amende, ainsi qu'à verser respectivement à SOS-Homophobie, Act-Up Paris et au Syndicat national des entreprises gays (Sneg) 2.000 euros de dommages et intérêts et 1.000 euros au titre du remboursement des frais engagés.
La cour d'appel de Douai (Nord) a confirmé jeudi ce jugement, en attribuant en outre 500 euros supplémentaires à chacune des trois associations plaignantes.
Le député devra aussi publier un extrait du jugement dans la Voix du Nord, l'Express et Le Monde.
Dans des communiqués distincts, les trois associations parties civiles se sont "félicité(es)" de cet arrêt. Le Sneg a salué une "nouvelle victoire sur l'intolérance" et estimé qu'avec cette décision "la justice se montre garante et gardienne des valeurs républicaines et humanistes de notre pays".
De son côté, Act Up a réclamé l'exclusion de M. Vanneste de l'UMP: "Il est temps que Nicolas Sarkozy choisisse son camp: celui de l'homophobie ou celui du respect et de l'égalité". Une exclusion également demandée par Jean-Luc Romero, président d'Aujourd'hui Autrement, un mouvement associé à l'UMP.
Le député avait annoncé qu'il porterait l'affaire devant la cour européenne des droits de l'homme en cas de condamnation. "Je revendique le droit de continuer à affirmer qu'il y a un modèle de société universel où un homme et une femme se marient, ont des enfants et les élèvent et que ce modèle de société est universalisé", avait-il expliqué.
Christian Vanneste, 58 ans, est le premier homme politique poursuivi dans le cadre de la loi du 30 décembre 2004 sur les propos homophobes.
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