Pour le candidat centriste, "internet, ce sont les citoyens qui cessent d'être passifs pour devenir actifs"
Avec ce média, "on devient acteur du monde de l'information, et au-delà, un acteur de sa propre vie", a déclaré François Bayrou le 12 décembre lors du Web 3, réunion internationale consacrée à la Toile et organisée à Paris.
Dans le mensuel "Medias", il dit s'intéresser "de très près à internet" sur lequel il "passe au moins deux heures par jour".
Pour autant, la stratégie du candidat centriste sur le Net n'est pas encore arrêtée. "Elle est soumise à différents arbitrages", explique Frédéric Lefèbvre-Naré, son conseiller pour les études et le projet. Toutefois, si l'on en croit "L'Express", "l'UDF entend être très présente sur le Net pendant la campagne: sept permanents s'en occuperont au lieu de trois actuellement, et ils seront aidés par une équipe de jeunes". "Un budget de 600.000 euros est programmé", ajoute l'hebdomadaire.
"Rien n'est encore décidé", insiste Frédéric Lefebvre-Naré. Une chose est sûre, cependant: François Bayrou n'a pas prévu de faire de blog pendant la campagne. "Il n'entend pas faire de blog bidon rédigé par des collaborateurs", explique son conseiller.
Mi-décembre, l'équipe internet de l'UDF mobilisait 1,5 personne, précise-t-il: un plein temps pour l'aspect éditorial, un mi-temps pour les aspects techniques, donc moins que le nombre de trois personnes avancé par "L'Express". "Notre parti a des petits moyens. Douze fois moins que l'UMP, huit fois moins que le PS", affirme le conseiller. Pour l'instant, seule l'UDF a son propre site (http://www.udf.org/index.html). Le site du candidat est en cours d'élaboration et est présent sur internet avec une page de veille (www.bayrou.fr).
La formation se veut pionnière en matière d'internet. "Nous avons été le premier parti politique à avoir un site en 1995. En 1999, nous avons été les premiers à ouvrir un forum. Et lors de la présidentielle de 2002, François Bayrou était le seul candidat à offrir une vidéo par jour. Celle-ci était peu consultée, car peu d'internautes étaient équipés en ADSL !", raconte Frédéric Lefèbvre-Naré.
D'une manière générale, le parti centriste a une vision très peu interventionniste en matière d'internet. "C'est un média autoproduit, spontané", estime le conseiller de François Bayrou. Lequel récuse le terme de propagande sur la Toile. "Ce n'est pas le média le plus favorable pour ce genre de chose", estime-t-il.
Autrement dit, inutile d'y aller massivement avec des gros sabots, avec diffusion de nombreux messages, bandeaux... Ce faisant, on risque des effets contreproductifs, en raison de l'autorégulation du système. Ce n'est pas à l'UDF qu'on fera une "campagne d'achats de mots clefs hostiles comme on le fait chez Sarkozy". Car une telle opération entraînerait en retour de nombreuses réactions hostiles, estime le conseiller. La formation centriste serait d'autant moins encline à s'y prêter que François Bayrou serait le seul candidat à progresser dans les quelques enquêtes réalisées sur le Web, auprès d'un public certes minoritaire. "Le candidat et ses propos sont de mieux en mieux entendus", affirme Frédéric Lefebvre-Naré.
Pour autant, son entourage est très attentif à ce qui se passe et se dit sur la Toile: il attache une grande importance à l'aspect veille du média. Le Net lui sert ainsi à préparer des forums thématiques. Et à suivre les réactions après des interventions publiques et médiatiques de François Bayrou. Selon son conseiller, ces réactions ont été particulièrement nombreuses en septembre, à la suite de l'Université d'été de l'UDF et d'une interview de son président sur TF1, suivie, paraît-il, d'une "engueulade" nourrie avec les dirigeants de la chaîne privée. Une autre interview début décembre sur la même chaîne a également pu susciter de nombreuses réactions.
"Internet, c'est le produit de l'organisation sociale comme on le rêve, ce ne sont pas uniquement des échanges marchands. Le système fonctionne sur une démarche de partage et de coopération. L'univers des logiciels libres et des wikis permet un partage du savoir", souligne Frédéric Lefèbvre-Naré. A ses yeux, le Net facilite un militantisme axé sur le local, propre à l'UDF. D'où les actions spontanées développées par les sympathisants. Tel ce "site coopératif" consacré au candidat centriste, recensé tout en haut de Google: http://www.bayroublog.com. Ou le "blog politique des jeunes UDF de Meurthe-et-Moselle", qui retrace, vidéo à l'appui, les heurts médiatiques entre Bayrou et TF1: http://jeunesudf54.blogspirit.com/archive/2006/12/05/bayrou-chazale-le-clash-2-decembre-20h.html... |