Le lobby du tabac dans la rue
Les buralistes appellent à manifester pour obtenir un report de la date d'interdiction de fumer dans les bars-tabac
Les débitants de tabac souhaitent bénéficier de cinq ans de délai en plus avant d'appliquer l'interdiction de fumer.
La date d'interdiction dans ces endroits a déjà été repoussée par le gouvernement au 1er janvier 2008 alors que dans les autres lieux publics l'interdiction de fumer a été fixée au 1er février 2007.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé le 8 octobre l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics à partir de février 2007, avec un délai jusqu'au 1er janvier 2008 dans les bars-tabac, restaurants et discothèques, le temps pour eux de créer des "fumoirs strictement réglementés".
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, a défendu une certaine souplesse dans l'application de cette disposition, et des "adaptations géographiques".
Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a répondu qu'il n'y aurait "pas deux poids, deux mesures", car "nous ne pouvons pas avoir une protection des salariés qui serait à la carte".
Les 31.000 buralistes, dont 65% tiennent également des bars, craignent de perdre entre 25% et 30% de chiffre d'affaires, notamment sur les ventes de boissons, si l'interdiction s'applique.
Pour soutenir la profession, un "contrat d'avenir", sorte de plan d'aide comprenant une enveloppe financière et un gel fiscal, avait été signé par le gouvernement en 2003. A ce titre les buralistes ont perçu l'an dernier 160 millions d'euros d'aides. Ils veulent que les négociations sur le nouveau contrat promis le 5 octobre par le gouvernement aboutissent avant la fin de l'année. Le plan devrait s'articuler autour de trois axes: pérennisation des aides financières au delà de 2007, augmentation de la rémunération des buralistes sur la vente du tabac, création d'une aide à la modernisation pour diversifier les activités. |