Un homme s'accuse de crimes en série et se suicide
Yvan Keller, un repris de justice, s'est accusé de nombreux crimes de vieilles dames avant de se rétracter et de se tuer
Pierre Peter, l'avocat d'Yvan Keller
Durant sa garde à vue la semaine passée, l'homme avait avoué avoir tué pour les voler une trentaine de femmes âgées dans la région de Mulhouse, en 17 ans.
Keller est revenu sur ses aveux et a ensuite laissé planer le doute sur la véracité de ses propos. Il s'est pendu dans une cellule du tribunal vendredi. Certains faits ont été confirmés par la PJ.
Une information judiciaire pour homicide involontaire par négligence contre X a été ouverte mardi soir après son suicide, a-t-on appris de source judiciaire.
D'août 1989, date de sa sortie de prison où il purgeait une peine pour vols avec violence, jusqu'à son interpellation la semaine dernière dans une autre affaire de vols, Yvan Keller a affirmé avoir écumé la région des Trois frontières (Suisse, Allemagne et France), dans un rayon de 60 km autour de Mulhouse.
Pour cinq des meurtres avoués, le juge d'instruction avait estimé disposer de suffisamment d'éléments à charge pour le mettre en examen.
Selon le procureur de Mulhouse, Régis Delorme, il s'agit de "cinq crimes à peu près précis", dont trois meurtres de vieilles dames à Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin) en 1994 et deux dans le Bas-Rhin en 2000 ou 2001.
Lors de son interrogatoire, Keller avait indiqué qu'il s'introduisait sans effraction chez des dames âgées vivant seules, les étouffait dans leur lit avec un oreiller et volait ensuite argent et bijoux.
L'action judiciaire ne s'est pas éteinte avec sa mort car Keller avait un co-inculpé, remis récemment en liberté, et d'éventuelles complicités sont recherchées.
Mis en cause par un proche, qui est recherché, pour des vols accompagnés parfois d'homicides, et par un ex-ami, Keller était bien connu de la justice.
Lors de ses auditions, il a impliqué à son tour les deux hommes qui l'avaient "balancé", les accusant de complicité dans certains meurtres.
"Devant la PJ, il a fourni des détails permettant de croire à sa sincérité", a déclaré M.Delorme lundi.
L'enquête pourrait avoir des ramifications en Suisse et en Allemagne. La police régionale du Bade-Wurtemberg et celles des cantons suisses concernés ont cependant indiqué mardi n'avoir encore reçu aucune requête des autorités françaises. |