Université d'été du PS: l'aveu de Jospin
Lionnel Jospin à La Rochelle - France2 Voix nouée, larmes aux yeux, Jospin a crevé l'abcès du 21 avril, samedi à La Rochelle (Charente-Maritime)
Devant les Jeunes socialistes,L.Jospin s'est dit convaincu que son retrait au soir du 21 avril "augmentait les chances" des socialistes de prendre aux législatives de 2002, leur revanche de la présidentielle perdue.
L'ex-premier ministre a examiné les raisons de sa défaite, puis s'est livré à une critique sans retenue de l'action de Ségolène Royal.
Devant les Jeunes socialistes, qui l'avait invité à La Rochelle, l'ancien Premier ministre a affirmé, d'une voix brisée, "Je ne vous ai pas abandonné", répondant aux reproches des militants d'avoir quitté la scène politique après sa défaite.
La salle, comble (au moins 700 jeunes), l'a aidé en l'applaudissant à tout rompre, sous le coup de l'émotion elle aussi.
Dans ce qui a pris l'allure d'une catharsis collective, Lionel Jospin répondait à l'interpellation d'une jeune militante qui lui demandait: "Camarade, es-tu parti, es-tu revenu ? Réponds franchement". Evoquant la fameuse phrase sur son retrait, vécue comme un abandon sur le champ de bataille, Lionel Jospin a réfuté cette "confusion entre guerre et démocratie".
"Jamais le peuple n'a à s'excuser de ses décisions. Je ne voudrais pas que vous pensiez que (mon retrait) relevait d'un orgueil dont il ne me semble pas que je sois porteur", a-t-il ajouté.
"Le 21 avril était pour moi une épreuve cruelle, soudaine, inattendue, qui m'a profondément touché", a poursuivi l'ex-Premier ministre.
"En annonçant (mon) retrait", a-t-il repris, "j'ai voulu marquer que j'acceptais l'arrêt du peuple, j'allais jusqu'au bout de la violence du geste du peuple".
A un moment, Lionel Jospin a commis un lapsus: "Je ne ne vous ai pas accompagnés", a-t-il dit avant de se reprendre: "Je ne vous ai pas abandonnés, je vous ai accompagnés".
Il a ensuite déclaré que "la division de la gauche a joué un rôle majeur dans notre défaite" en 2002, et n'a pas précisé ses intentions pour l'élection présidentielle de 2007.
"J'ai été frappé de voir qu'après cinq ans" d'action, "on vous juge sur une phrase", a-t-il dit dans une allusion probable à ses remarques notamment sur le fait que son programme n'était pas socialiste.
Continuant son intervention, Lionel Jospin a déclaré samedi qu'il "faut reconquérir le pouvoir perdu face à la droite".
Lionel Jospin a ensuite appelé les socialistes à revaloriser le travail qui a été fait par son gouvernement", dans une allusion à une récente déclaration de Ségolne Royal sur la nécessité de "réhabiliter la valeur travail".
"Il faut traiter cette période de 5 ans (1997-2002) comme un socle sur lequel s'appuyer, y compris pour aller plus loin, et non comme une phase avec laquelle il faudrait prendre ses distances", affimant que les défaut de la droite c'est "le cynisme" et que la faiblesse de la gauche c'est "la mauvaise conscience", car elle a une culture de la faute".
L'ancien Premier ministre a également rejeté sur François Hollande la responsabilité de ne pas voir réformé les retraites avant la présidentielle de 2002, précisant "C'est la direction du parti m'a freiné dans cette affaire". "J'aurais pu passer outre. Je l'ai accepté politiquement et intellectuellement", a-t-il ajouté. |